AMIS DES ARTS

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AMIS DES ARTS de Bordeaux (Société et Salon des), 1851-1939.

Les sociétés des Amis des Arts se développèrent un peu partout en France au XIXe siècle à partir
d'initiatives privées sous forme d'actionnariat avec un système de loterie pour l'acquisition des
oeuvres. Elles avaient pour ambition de promouvoir l'art et eurent une vocation économique
puisqu'elles suscitèrent un marché de l'art en province et à Paris (la première société y fut créée en
1789 et connut un succès en demi-teinte).
Avec Avignon, Strasbourg, Le Havre, Nancy, Rouen, Lyon et Amiens, Bordeaux fonda sa première
SAA en 1819 qui traversa tant bien que mal les troubles politiques et se heurta à une autre
institution bordelaise, la Société Philomatique, elle même organisatrice d'expositions. Elle semble
avoir disparu dans les années 1831 pour renaître en 1851 (Amédée Carayon-Latour, président,
Daniel Guestier et Thomas Brand Graham Scott, consul de Grande-Bretagne, vice-présidents,
Adrien Dauzats, son correspondant à Paris).
Les statuts précisaient que le but était « de favoriser à Bordeaux les progrès des arts et d'en propager
le goût par des expositions... La Société achète des tableaux, sculptures, dessins et gravures ayant
figuré dans ses expositions, et les partage par voie du sort, entre ses membres...». Il n'y avait aucune
prime, récompense ou médaille. Les expositions étaient annuelles et outre les artistes locaux, des
« locomotives parisiennes » exposaient pour attirer le plus grand nombre de visiteurs.
Dés 1919, des voix s'élevèrent pour critiquer « la foire aux croûtes » comme l'écrivait Jac
Belaubre... Le Salon était concurrencé par d'autres salons moins conventionnels : Salon des Artistes
girondins (1899), de l'Atelier (1905), des Humoristes (1909), des Indépendants bordelais. Ce
dernier signa l'arrêt de mort de la SAA.
Celle là n'a pas à rougir de son bilan : elle fit connaître nombre d'artistes parisiens, nombre de
courants artistiques et aida dans leurs premiers pas les artistes locaux. En bref, elle sortit Bordeaux
de son splendide enfermement dans le XVIIIe siècle.

Bibliographie: DUSSOL (Dominique), Art et Bourgeoisie, Bordeaux, Le Festin, 1997.